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Les éléments constitutifs des arènes

Etymologiquement, le terme arène vient de l’espagnol arena : sable.

Concrètement, l’arène est constituée d’un sol, d’un bâti et d’équipements annexes. De même que l’architecture religieuse génère son propre langage formel, les arènes se désignent à travers un vocabulaire qui leur est propre et dont les organes essentiels sont mis en évidence.

 

La piste ("ruedo" ou "redondel" en espagnol)

Constituée d’un revêtement de sable, la piste est délimitée par une enceinte. Selon les cas, la piste s’arrête à la palissade (talenquère) de la contre-piste et/ou aux façades des loges, des tribunes, des gradins ou d’un enclos grillagé. Elle comprend l’implantation de refuges.

 

Géométrie des sols

L’étude de la géométrie des sols permet de dégager quatre types différents de forme : circulaire, oblongue, en fer à cheval, rectangulaire.

Si le cercle est plutôt référencé à la tauromachie espagnole, le rectangle semble davantage correspondre à la pratique de la course landaise : le sol de forme circulaire renvoie à la notion de centre, tandis que le sol rectangulaire s’exprime selon un axe.

Dans tous les cas, il faut éviter les "querencias", ces angles morts vers lesquels la vache ou le taureau aura tendance à se réfugier.

Les deux autres types de sols ne sont que des compromis :

  • le sol en forme de fer à cheval semble apparaître au moment où l’on invente la pratique hispano-landaise ;
  • le sol de forme oblongue, de conception plus récente, tente de concilier l’ensemble des pratiques tauromachiques. Variation sur le cercle, il est construit à partir de deux centres, et introduit donc simultanément une notion d’axe. Si la piste reproduit sa géométrie, le sol oblongue saura témoigner d’une meilleure connaissance de la tauromachie (landaise et espagnole). Il s’adaptera plus volontiers au comportement du bétail et pourra, grâce à un bâti enveloppant, mieux satisfaire l’accueil des spectateurs.

 

Dimensions en course landaise

La piste idéale est longue de 40 à 45 mètres et large de 30 à 35 m.

  • Une piste trop courte ne permet pas de profiter de l’attaque maximale du bétail.
  • Une piste trop étroite n’apporte pas au cordier le temps nécessaire pour tendre la corde.
  • Des dimensions excessives risquent de fatiguer le bétail et n’accordent pas aux toreros le temps d’arriver aux refuges pour se protéger ou de venir aider un écarteur qui se serait fait accrocher.

 

La talenquère ("talenquera"), le marchepied ("estribo")

Le modèle originel de l’arène landaise confond sol et piste (absence de contre-piste). Toutefois, de plus en plus fréquemment, la talenquère tend à diviser le sol en piste et contre-piste.

Constituée d’une palissade en bois, la talenquère définit la géométrie de la piste. Elle contribue à caractériser l’espace de l’arène dans une configuration de pièce fermée, d’un point de vue pratique et symbolique. Sa hauteur est variable, autour de 1,40 m.

Elle est assortie d’un marchepied ("estribo") et s’ouvre au droit de passages destinés à l’accès du bétail, des toreros et des véhicules d’entretien.

 

La contre-piste (callejon)

Espace "servant" de la piste, venant en subdivision du sol, la contre-piste est destinée à la protection des toreros et à l’usage du personnel habilité (délégués sportifs, secours, presse spécialisée, personnel d’entretien).

Elle est implantée sur tout ou partie de la périphérie de la piste, en formes de couloir ou de poches de sécurité.

 

Les refuges ("burladeros"), portails et portillons

Lorsqu’il existe une contre-piste, le refuge permet de sécuriser ses accès par une barrière formant chicane au droit des ouvertures créées dans la talenquère. Cette contre-piste est elle-même équipée de refuges. L’étroit passage, d’environ 35 cm, ne peut être franchi que de profil.

Dans l’arène landaise, les autre refuges placés au plus près de l’axe de la piste sont moins hauts et plus étroits que ceux utilisés pour la protection des toreros. Ils sont adaptés au travail de l’entraîneur qui assure le placement de la vache.

Comme les refuges, les portails et portillons se signalent par un motif graphique particulier, le plus souvent un cercle ou une croix de couleur blanche ou jaune-orangée. Ces graphismes sont souvent la "marque" de l’arène. Tout changement est immédiatement remarqué par les connaisseurs.

Les portails assurent la liaison entre l’extérieur de la piste et l’intérieur pour l’accès de la bétaillère et des engins d’entretien. Les portillons permettent la liaison entre la piste et la contre-piste, pour l’évacuation d’un torero blessé ou pour l’expulsion d’une vache qui se serait introduite dans la contre-piste. La longueur d’un battant est donc égale à la largeur de la contre-piste, soit 1 à 2 m, selon les arènes.

 

Le bâti

Le bâti a pour fonction le logement du bétail, l’accueil du public et de certains animateurs de la course. Il constitue l’enveloppe des divers services liés à la pratique. Ces éléments construits contribuent grandement à dégager l’image architecturale des arènes.

 

Les loges

Cellules individuelles de logement du bétail participant à la course, elles disposent au moins d’un accès vers la piste.

Les loges constituent l’élément nodal du bâti permanent, implanté perpendiculairement à l’axe de la pratique.

 

Les gradins

Eléments bâtis en superstructure, ils sont destinés à l’accueil des spectateurs et à certains animateurs de la course. Les gradins sont implantés en périphérie totale ou partielle du sol de l’arène dont ils peuvent en composer la limite. Ils constituent en général l’enveloppe des loges et des autres services liés à la pratique (infirmerie, vestiaires ...). Les gradins peuvent être couverts et sont dégagés par des escaliers et vomitoires.

 

La tribune officielle

Segment de gradins où siègent notamment les personnalités. La tribune officielle est généralement implantée au-dessus des loges, dans l’axe de la pratique. Elle peut être couverte.

 

La pitrangle

Segment de gradins réservé au jury, situé dans l’axe d’évolution de la course et équipé d’une table de pointage.

La pitrangle est généralement positionnée à l’avant de la tribune officielle.

Extraits de l’ouvrage : Arènes de la course landaise et de la corrida, CAUE des Landes, Le Festin, 2000.